02 novembre 2009 | par admin

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“Les biomatériaux sont un crime contre l'humanité” — dixit P. Starck

Il produit et dessine plus vite que son ombre, génie de la courbe et surdoué du marketing; ce créateur est un des fleurons de la profession à l'échelle mondiale. Il a influencé un bon nombre de designers a popularisé le design avec brio. Le voilà qui se prononce avec virulence sur les bioplastiques et alternatives aux matériaux issus des hydrocarbures.

Cette fois-ci aurait-il dû tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler?

Je vous invite à lire cet excellent article du fondateur et blogueur de PackBec : Islem A Yeza spécialiste en éco emballage, en réponse aux déclarations hâtives de l'inventeur du ''easy consuming'' !

Voilà un segment de ce texte signé Islem :

J’ai glané cette citation du designer français Philippe Starck sur le Blog Biopol.

« … D'autres, plus à la mode, diront que nous devons utiliser le bioplastique. Le bioplastique implique que nous devrons supprimer des milliards d'hectares d'arbres, de champs où les gens cultivent quelque chose qui peut se manger, pour planter du blé ou je ne sais quoi d'autre afin de produire du gaz pour nos grands SUV 4X4. C'est monstrueux. Nous devons refuser le biogaz. En tant que designers, nous devons refuser le bioplastique. Tous les biomatériaux sont un crime contre l'humanité. »

Encore un qui s’exprime sur un sujet dont il n’a pas étudié l’ensemble des tenants et aboutissants, mais qui s’arroge le droit, du haut de son piedestal, d’énoncer un jugement définitif et excessif. Je me permets d’apporter mon éclairage personnel sur le sujet. Cette déclaration est paradoxalement simpliste et exagérée à la fois. Certes, la «renouvelabilité» et la durabilité des bioplastiques peuvent être mises en doute. La concurrence avec l'usage alimentaire des plantes constitue un écueil potentiel pour les bioplastiques, mais on ne peut pas les comparer aux biocarburants. La concurrence alimentaire des bioplastiques est plutôt un faux problème, et voici quelques chiffres qui semblent en attester :
  • La part des terres agricoles mobilisées est aujourd'hui minime : moins de 0,1 % de la surface agricole en Europe
  • Si les bioplastiques atteignaient 10 % du marché, seuls 1,35 % des surfaces céréalières européennes seraient nécessaires pour leur production
  • Le maïs utilisé dans le monde entier pour les bioplastiques en 2007 : 250,000 tonnes (les États-Unis produisaient à eux seuls 332 millions de tonnes de maïs)
  • Production de bioplastiques à partir de céréales : 0,0005 %

Du coup, les bioplastiques ne peuvent pas être considérés comme ayant un effet sur la crise alimentaire, en particulier par rapport aux biocarburants qui ont utilisé environ 18% de la production céréalière des États-Unis en 2008.

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